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Laure Mondet
Responsable de la communication
Malgré l’action de l’Unaf contre le décalage de la majoration pour âge des allocations familiales de 14 ans à 18 ans[1], le décret n° 2026-138 du 27 février 2026 vient entériner ce décalage qui conduit, à compter du 1er mars 2026, à la quasi-suppression de cette majoration et de lourdes pertes pour les familles. Face à cette mesure réglementaire qui vide de sa substance une prestation instituée par la Loi, l’Unaf vient de déposer un recours en annulation du décret devant le Conseil d’État.
En décalant de 14 ans à 18 ans la majoration, le décret ne tient pas compte du surcoût d’un adolescent pour ses parents. Au surplus, cette mesure ne va pas seulement réduire le nombre d’années pour bénéficier de la majoration (de 18 ans à 20 ans), mais son mode de calcul va exclure en totalité un nombre important de bénéficiaires. Dans les faits, la plupart des familles vont entièrement perdre le bénéfice de cette majoration, car selon les données du recensement, l’écart d’âge moyen entre le premier enfant et le second est de 3 ans, et l’écart d’âge moyen entre le second et le troisième est de 4 ans. Les cas dans lesquels les familles pourront en bénéficier deviendront résiduels.
Exemples :
C’est d’ailleurs ce qui explique l’ampleur de l’économie réalisée au détriment des familles : 1,28 milliard d’euros en moins. Le coût de cette prestation familiale va passer de 1,6 milliard d’euros à 300 millions.
Le seuil trop élevé de 18 ans est manifestement décalé au regard des réalités de vie des familles. Par ailleurs, comme le souligne le Conseil constitutionnel, le pouvoir règlementaire doit prendre les mesures d’application de la loi dans les limites fixées par celle-ci, mais à la condition de ne pas en altérer la portée. Or dans le cas présent, la portée de ce droit (Article L521-3 du code de la Sécurité sociale) est altérée puisque le relèvement de l’âge à 18 ans pour bénéficier de la majoration des allocations familiales équivaut à sa quasi-suppression, pour ne pas dire sa suppression pure et simple pour la plupart des familles.
En déposant un recours devant le Conseil d’État, l’Unaf entend faire annuler ce décret dont la portée est à la fois disproportionnée et profondément injuste.
[1] Lire aussi Communiqué de presse de l’Unaf : Vote du budget de la Sécurité sociale : Réactions de l’Unaf | Unaf
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